Roms migrants : humanisme et respect du droit

Roms migrants : humanisme et respect du droit

 

Tout en assumant son devoir humanitaire, la commune tente de trouver des solutions aux occupations illégales de terrain, relevant pourtant de l’État.

La proximité de Nantes et des grands axes explique l’attractivité de Sainte-Luce. Elle permet aussi de comprendre pourquoi, comme dans les grandes agglomérations, des familles de Roms migrants s’y installent, car elles travaillent dans le secteur (notamment dans des exploitations maraîchères) et parce qu’elles ont du mal à trouver une terre d’accueil. Comment concilier humanisme et respect du droit ? La question est complexe. Quelques chiffres : les Roms migrants (à ne pas confondre avec les gens du voyage, citoyens français) sont 15 à 20 000 en France, beaucoup moins que dans d’autres pays d’Europe. Citoyens européens depuis 2007, ils ont quitté leur pays (principalement la Roumanie et la Bulgarie) pour travailler. L’État est responsable des politiques migratoires et de l’application de la Loi en cas d’occupation illégale de terrains. La difficulté est que l’absence de terrains d’accueil officiels (contrairement à ceux existants pour les gens du voyage depuis une Loi de 1992, dont un à Sainte-Luce) ne peut qu’engendrer des installations illlicites. Ce fut le cas en 2009 à Sainte-Luce, où 10 familles ont pris place sur un terrain privé, rue de la Gironnière. Des bénévoles locaux (devenus l’association Soleil Rom) les ont soutenues. Dans leur sillage, la mairie a choisi une autre voie que  l’exclusion : installer 10 foyers sur un terrain municipal, le "86, rue de la Loire ". La nouvelle municipalité a poursuivi le soutien au projet, mais en confiant l’an dernier la gestion du terrain à l’association spécialisée "Une famille, un toit ".

Coordination d’agglomération. La proximité de la route de Paris a aussi engendré l’installation d’un nouveau groupe de migrants sur un terrain privé, route du Prouau. Un imbroglio juridique a rendu impossible l’évacuation. Fin août, deux autres terrains privés, au sud du quartier de la Minais, ont été occupés par environ 70 caravanes, suscitant l’exaspération légitime des riverains les plus proches. L’évacuation a eu lieu le mois dernier, non sans problèmes. Ne sachant pas où aller, certaines familles sont restées sur la voie publique. Pour débloquer la situation, le maire a négocié l’installation provisoire sur un terrain municipal, rue de la Gironnière, d’une dizaine de ménages contre le départ des autres. Cet accueil a été assorti d’exigences pour les familles : travail, scolarisation des enfants, redevance (100 € par mois), suivi social... Dernier épisode en date, une dizaine de familles établies route du Prouau ont quitté le camp provisoire et se sont installées la semaine dernière sur un terrain privé rue de la Piais, non loin de la Minais. Dans ce cas, c’est au propriétaire de saisir la justice pour une éventuelle évacuation. De son côté, le maire a alerté la Préfecture et informé les occupants et l’association de la Minais que la Ville n’accueillerait plus d’autres migrants Roms, ayant déjà assumé sa part de solidarité. Jean-Guy Alix a aussi proposé la création d’une aire intercommunale d’accueil provisoire dans chaque ville de Nantes Métropole. En 2016, le maire avait été l’un des initiateurs d’une coordination d’agglomération pour essayer de trouver des solutions collectives à ces implantations illégales. Depuis, le gouvernement a publié le 31 janvier une circulaire prévoyant "la réduction durable dans les 5 ans des bidonvilles ", dans une démarche "humaine et exigeante ", favorisant l’insertion et s’inspirant d’expériences locales.

 

Roms migrants : humanisme et respect du droit

 

Jeudi 12 avril 2018

 

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