L’hommage aux résistants Renée et Jean Losq et aux "42 de 1943"

L’hommage aux résistants Renée et Jean Losq et aux "42 de 1943"

 

Samedi 10 février place Jean-Losq,le maire Jean-Guy Alix, le conseil municipal et le comité du souvenir ont rendu hommage aux résistants Renée et Jean-Losq et aux "42 de 1943", ces résistants jugés par les Allemands et dont 37 d’entre eux furent exécutés de janvier à mai 1943.

 

Voici le texte du discours d’hommage aux résistants de Jean-Guy Alix :
« Monsieur le président du comité du souvenir,
Mesdames et messieurs les membres de la famille Losq,
Mes chers collègues du conseil municipal,
Mesdames et messieurs les présidents et membres des association d'anciens combattants,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

Il y a 15 ans, elle se tenait ici, perdue dans l'émotion, en inaugurant cette place en hommage à son époux fusillé, Jean Losq. Elle n'avait plus que quelques mois à vivre. Pourtant, elle aura vécu ce moment de reconnaissance du martyr de son époux et de ses camarades, ces 37 résistants fusillés par les Nazis en 1943, il y a 75 ans, à l'issue d'un procès relevant de la justice expéditive d'une dictature sanguinaire. Elle était là, à quelques pas de nous, les yeux embués de larmes, le corps brisé par la douleur et le poids des ans.

Depuis, nous nous retrouvons chaque année ici, dans le cadre de la commémoration du procès des 42 de 1943, afin de rendre leur place à ces héros dans l'histoire de la résistance en Loire-Inférieure. Ce travail de mémoire a joué son rôle : depuis l'an dernier, Renée Losq a donné son nom à une rue de Nantes. Son témoignage filmé figure dans les archives du musée du château des Ducs de Bretagne. Progressivement, le récit tragique des fusillés de 1943 rejoint celui des 50 otages de Nantes et Châteaubriant. Quand au récit de ses 32 mois de captivité dans les camps de Ravensbrück et Matahausen, il a été relaté par Renée Losq elle-même et publié à plusieurs reprises dans la presse.

La captivité, la fratrie Losq dispersée, l'horreur indicible des camps, le terrible retour après la libération par la Croix-Rouge internationale le 23 avril 1945, les retrouvailles avec ses enfants, le silence ensuite sur ce qu'elle avait vécu : le parcours de Renée fait désormais partie de notre histoire.
En nous disant, les yeux fermés, "plus jamais ça, plus jamais ça", elle a rompu son mutisme, délivrant durant ses dernières années de vie de précieux témoignages, mais aussi des avertissements. Le spectre de la tyrannie, de l'oppression et du fascisme n'est jamais loin, tapi dans l'ombre de nos sociétés et dans le cœur des hommes.

15 ans après, au-delà de l'hommage ému à une grande dame et à ses camarades fusillés, quelle signification devons nous donner à cette commémoration ? À mon sens, nous devons l'inscrire dans l'actualité et dans le devenir d'un monde où l'on discute de publier les écrits antisémites de Céline ou de commémorer Charles Maurras, lui aussi antisémite. Nous vivons une période où les écrits haineux et les fausses informations amplifiées par Internet doivent mobiliser l'honnêteté intellectuelle et la recherche de la vérité. Nous sommes dans un temps où le repli nationaliste et la haine de l'autre réapparaissent dès que la démocratie, la paix et la justice ont fait un pas en avant. Célébrer Renée et Jean Losq, ce n'est pas uniquement pleurer des disparus et vénérer leur courage, c'est faire nôtre leur engagement pour résister quotidiennement à la tyrannie, au totalitarisme, au racisme, à l'injustice, à la violence faite aux plus faibles. C'est s'inspirer de leur courage et de leur abnégation pour lutter.

Je vous remercie ».

 

L’hommage aux résistants Renée et Jean Losq et aux "42 de 1943"  L’hommage aux résistants Renée et Jean Losq et aux "42 de 1943" 

 

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Lundi 12 février 2018

 

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