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« J’ai grandi dans un milieu ouvrier, les Usines Carnaud (Basse-Indre). Très vite, je me suis révoltée contre les différences entre les petites gens et les autres. Je n’ai jamais oublié d’où je viens », explique Janine Ragueneau, née en 1936, l’année du Front Populaire. Elle a passé une grande partie de sa vie à Sainte-Luce, tout d’abord comme secrétaire au centre d’insémination artificielle, alors situé dans la mairie/château du Chassay, puis comme habitante, à partir de 1971, à Bellevue et à l’Aiguillon. Elle entre tôt dans la vie associative, comme parent d’élève Fcpe à la Colinière, membre de la confédération syndicale du cadre de vie et militante politique. Tout en siégeant au Centre Communal d’Action Sociale, elle devient présidente de Sainte-Luce Solidaire en 1993, un poste qu’elle occupera jusqu’en février 2010. L’association distribue les colis alimentaires et apporte aide et réconfort aux personnes démunies. Comme les autres bénévoles, Janine est confrontée à des personnes dans le besoin, rencontrant des difficultés financières et morales, « beaucoup de familles monoparentales ». L’expérience est enrichissante, même si lourde d’émotion : « en donnant aux autres, j’ai beaucoup reçu ». Cette philosophie du don de soi, elle remonte bien sûr à l’enfance, « mes parents faisaient partie de mouvements caritatifs pendant la seconde guerre mondiale ». Remplacée par Yves Morvan, Janine envisage de prendre une année sabbatique, avant d’oeuvrer à nouveau dans une association solidaire, peut-être les Restos du Cœur. Car il y a encore à faire : « c’est difficile de voir que la misère n’est pas encore jugulée ».
Actualisation du mercredi 21 juillet 2010
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